Des consommations d'énergie en baisse
Du point de vue de l'énergie, l'année 2009 est celle de la crise de la demande. La plupart des consommations d'énergie en France métropolitaine marquent un net décrochage par rapport à la tendance générale à la stabilisation observée ces dernières années avec une baisse globale de 5,2%.
Du côté de la production, le nucléaire est en recul. Le développement des énergies renouvelables se poursuit malgré une baisse de l'hydraulique liée à la pluviosité. Les activités du raffinage et de pétrochimie sont en net repli. Toutefois, cela a eu pour effet, que les émissions de CO2 dues à la combustion d'énergie baissent de 5,7% et la facture énergétique de la France diminue d'un tiers (de 58 millards d'euros en 2008 à 38 millards d'euros en 2009), bien qu'elle reste lourde puisqu'elle représente 2% du PIB et constitue la quasi totalité du déficit du commerce extérieur.
- L'intensité énergétique diminue nettement pour l'énergie primaire (-2,7%) mais beaucoup moins pour l'énergie finale (-0,4%) : les baisses du nucléaire, du raffinage, de la pétrochimie ont de fortes répercussions sur la consommation primaire, mais pas sur la consommation énergétique finale dont les progrès ont été interrompus par la crise.
- Le total de la consommation d'énergie primaire est de 259 Mtep*(-5,5%) par rapport à 2008, ce qui correspond à peu près à son niveau d'il y a dix ans. Sa progression était de 4 Mtep par an en moyenne pendant les années 90, puis de 2 Mtep seulement en 2001 et 2002. Depuis, malgré un sursaut en 2004, elle était restée stable. 2009 marque donc un net décrochage.
- La consommation énergétique de l'industrie (sidérurgie, construction et industries agro-alimentaires) chute de 9,7 % à 33,4 Mtep. Il faut remonter à 1975 pour connaître une situation d'une telle ampleur. Depuis 2000, la tendance était à la baisse, avec une moyenne de -0,7% par an entre 2000 et 2006. Le rythme s'est accéléré avec -1,5% en 2007, puis -1,9% en 2008. Le résultat de 2009 marque un sérieux décrochage.
- La consommation d'énergie dans les transports connaît une baisse pour la deuxième année consécutive (-1,1%).
- La consommation primaire totale du poste " Énergies renouvelables thermiques et déchets " croît de 3,9 % à 16,1 Mtep, après + 10,6 % en 2008 et une quasi-stagnation de 2000 à 2005. Sur le court terme, il s'agit, de loin, de la forme d'énergie la plus dynamique au sein du " mix " primaire de la France.
* Mtep : Million de tonne équivalent pétrole
Source: Bilan énergétique pour la France en 2009 – Juin 2010 - Commissariat général au développement durable.
| Consommation d'énergie finale par secteurs (corrigée du climat) |
| | Evolution 2008/2009 |
| Usages énergétiques (chauffage, éclairage, ...) |
| Industrie | -9,7 % |
| Résidentiel tertiaire | -0,9 % |
| Agriculture | -3,1 % |
| Transports | -1,1 % |
| Total énergétique | -3,0% |
| Usages non énergétiques (production de plastiques, d'engrais, ... ) |
| Usages non énergétiques | -12,2 % |
Source: Bilan énergétique pour la France en 2009 – Juin 2010 - Commissariat général au développement durable.
Économiser l'énergie : une priorité nationale
La maîtrise des consommations d'énergie est devenue une priorité nationale pour la France qui s'est fixée un objectif ambitieux dans la loi d'orientation sur l'énergie : diminuer l'intensité énergétique de 2 % par an d'ici 2015, puis de 2,5 % par an d'ici 2030.
Loi n° 2005-781 du 13 juillet 2005, modifiée, de programme fixant les orientations de la politique énergétique.
Maîtriser les consommations d'énergie est en effet indispensable pour faire face à plusieurs défis majeurs.
Une convention d'application du Grenelle Environnement visant à réduire les consommations d'énergie liées à l'éclairage dans le secteur tertiaire a été signée entre le ministère du de l'Ecologie, les organisations professionnelles, l'ADEME et l'éco-organisme Récylum.
Limiter la dépendance énergétique du pays
Si la France est autosuffisante en matière d'électricité, sa dépendance est quasiment totale pour le pétrole et le gaz (grâce au gisement de Lacq, le taux d'autonomie de la France était de 70 % pour le gaz jusque dans les années 1970).
Cette dépendance vis-à-vis de pays dont la stabilité politique est parfois ténue est une fragilité qui doit être maîtrisée.
Se préparer à la raréfaction des ressources énergétiques
Selon les experts, les réserves prouvées sont d'environ 39 ans pour le pétrole, 61 ans pour le gaz et 204 ans pour le charbon.
Ces estimations ne tiennent cependant pas compte des perspectives d'augmentation de la consommation.
Source : Réserves énergétiques mondiales (1er janvier 2003), DGEMP.
Maîtriser les émissions de gaz à effet de serre
La lutte contre le changement climatique est une priorité de la politique énergétique qui vise à diminuer de 3 % par an en moyenne les émissions de gaz à effet de serre de la France, soit une division par 4 d'ici 2050.
En conséquence, l'Etat élabore un " plan climat", actualisé tous les deux ans, présentant l'ensemble des actions nationales mises en oeuvre pour lutter contre le changement climatique.
Développer les énergies renouvelables (EnR)
Conformément à la loi n°2005-781 du 13 juillet 2005 de programme fixant les orientations de la politique énergétique de la France et aux objectifs fixés lors du Grenelle de l'Environnement, le gouvernement accorde dans sa "feuille de route" la priorité au développement des énergies renouvelables qui devraient ainsi augmenter de 50% d'ici à 2012 et de 120% d'ici à 2020.
Il a ainsi fixé par le biais d'arrêtés parus au JO les objectifs nationaux de développement de la production électrique et de chaleur à partir des énergies renouvelables.
Dans le domaine de l'électricité
Le gouvernement a fixé des objectifs de développement de la production électrique à partir des énergies renouvelables en termes de développement de l'énergie solaire photovoltaïque, de la cogénération à partir de la biomasse, de l'éolien à terre et en mer et des autres énergies marines.
La modernisation du parc des installations thermiques d'électricité est envisagée par la fermeture d'ici à 2015 de plus de la moitié des centrales à charbon ainsi que par l'obligation de mettre en place pour toute nouvelle centrale à charbon une chaîne complète de captage, de transport et de stockage du CO2.
La Programmation Pluriannuelle des Investissements de production d'électricité (PPI électricité) a été fixé par arrêté du 15 décembre 2009.
Arrete du 15 décembre 2009 relatif à la programmation pluriannuelle des investissements de production de l'électricité , JO du 10 janvier 2010.
Dans le domaine de la chaleur
Le gouvernement prévoit le doublement du nombre de logements raccordés à un réseau de chaleur et l'incorporation dans ces réseaux d'énergies renouvelables ainsi que 2 millions de logements équipés de pompes à chaleur et plus de 4 millions de logements équipés de chauffe-eau solaires.
La Programmation Pluriannuelle des Investissements de production chaleur (PPI chaleur) a été fixé par arrêté du 15 décembre 2009.
Arrete du 15 décembre 2009 relatif à la programmation pluriannuelle des investissements de production de chaleur, JO du 10 janvier 2010.